Il y a déjà plus de trois ans, à l'aube de mes 23 ans, je prenais mon billet pour l'inconnu, pour l'aventure, pour le dépaysement... Pour l'Australie. Ce pays qui m'a tant appris, sur moi même et sur les autres, sur les hauts et les bas de la vie.
Le départ, je l'ai mentionné sur mon "blog de voyage", fût une véritable épreuve pour moi, qui certes, ai toujours eu un goût certain pour le voyage et l'aventure, mais qui jusque là n'avait pas fait grand chose en solo. De plus, j'avais une vie plutôt bien pépère à la maison, un job pas trop minable, plein d'amis partout, une famille aimante avec qui je m'entends parfaitement, bref, pas comme si j'avais ressenti le besoin d'échapper à un morne quotidien. Juste d'un quotidien en général, je pense. Avec du recul, je pense que c'était surtout ça qu'il me fallait, à 23 ans, prendre les voiles, quitter la maison de mon enfance et enfin, prendre mon indépendance d'une façon un peu radicale, certes, mais efficace. Un peu insouciante, un peu naïve, un peu bièsse pour être honnête.
Après quelques mois sur place, une acclimatation réussie, et l'envie d'aller à fond dans l'aventure, j'ai eu l'occasion de voir toutes les merveilles que la nature a à offrir, j'ai eu la chance de rencontrer, et m'attacher à des gens, que, je le savais, je n'allais probablement plus jamais revoir... Me retrouver parfois physiquement seule, et aimer ça, et parfois me retrouver perdue au milieu de la masse. Découvrir des pays formidables, vivre au jour le jour, ne pas s'en faire du future, s'enivrer du présent, du maintenant. Être "libre" (c'est bien relatif de dire ça quand on doit se trouver un endroit pour loger, pour manger, gérer son compte en banque...), être indépendant, être autonome.
Cette aventure fait désormais partie de moi.
Ceci pour dire qu'après une telle escapade de 13 mois (pour être précise), on revient changé, la tête pleine de nouvelles idées.
Des idées, j'en ai eu tellement, par exemple, obtenir mon Second year visa, le doublons du visa qui m'a permis de me balader un an en Australie, ou bien le visa pour la Nouvelle Zélande, qui m'a tant et tant fasciné, ou bien pourquoi pas, le Canada, pour se rapprocher un peu de l'Europe... C'était à peu près organisé dans ma tête, un mois avant que je rentre. Et puis évidemment, quand on l'attend le moins, un charmant garçon débarque avec ses souliers tout britanniques, et chamboule tous mes plans et mes idées.
Il va rentrer chez lui, dans le sud de l'Angleterre, et compte partir vivre la grande vie dans la folle capitale anglaise. Là dessus, après un retour en Belgique des plus heureux, s'ensuivent quelques jolis séjours auprès de lui, qui évidemment se concluent sur cette triste observation : la longue distance, c'est fait pour personne, point à la ligne. C'est triste, angoissant, fatiguant... En tant que nana, c'est une vraie épreuve que de faire confiance, de ne pas (trop) s'inquiéter, de supporter les longues périodes de solitude, quand on sait qu'on aurai pu être aux côtés de quelqu'un de bien.
Mais ça peut marcher cela dit, la preuve en image! Après un peu plus d'un an à vivre de chacun d'un côté de la Manche, j'ai fait un nouveau pas vers l'inconnu : j'ai emménagé à Londres, avec lui.
Aujourd'hui, je me retrouve à l'opposé de ce que j'étais, là-bas, "Down Under". Aujourd'hui, les plans sont devenus tout à fait différents, plus classiques, plus coutumiers. Plus "simples"? Je ne pense pas non, la vie n'a pas grand chose de simple pour commencer, ensuite, quand on est expatrié, rien n'est aussi simple. Je me décrirai comme une expatriée toujours enracinée, je n'ai pas fait une croix sur ma petite Belgique, qui je le vois maintenant, n'a pas autant de défauts qu'on veut bien lui faire porter. Je n'aime pas le système de santé ici, je n'aime pas l'hypocrisie locale, je n'aime pas le prix des transports, je n'aime pas le système d'éducation, je n'aime pas ne jamais trouver mes bons, délicieux produits franco-belges. Tous ces petits tracas de la vie de tous les jours répondent aux questions que je ne me suis jamais posée en tant que backpackeuse. Ca y est, la barrière est officiellement mise : je ne suis plus une voyageuse, je ne suis "qu"'expat'. C'est une toute autre expérience, plus simple et à la fois plus complexe. Tout aussi enrichissante, tout aussi excitante. Mais plus classique.
J'en viens à faire le point, parce que je suis désormais dans une nouvelle phase, qui a commencé il y a 5 mois lorsque j'ai emménagé, mais dont je ne réalise la signification que maintenant.
Probablement le genre d'introspection que l'on fait quand on est terré dans son salon depuis un mois et demi à se chercher un nouvel emploi ^^
La vie suit son court, et qui sait où elle nous mènera maintenant... Mais attention, maintenant on est à deux, à avoir goûté au dépaysement! Affaire à suivre :)
